Qui est J. M. Jacquard ?

Qui est J. M. Jacquard ?

Par admin joseph-marie-jacquard, publié le mercredi 1 juillet 2015 09:49 - Mis à jour le jeudi 2 juillet 2015 10:28

Le canut illustre

Fils de Jean Charles, dit Jacquard, maître-fabricant en étoffes d’or, d’argent et de soie, possédant trois métiers à la grande tire, Joseph-Marie Charles, dit Jacquard, est né le 7 juillet 1752 Grande rue de l’hôpital à Lyon, proche de la place de la République actuelle, mais en partie démolie par les travaux d’urbanisme du préfet Vaïsse*.

Il est le cinquième enfant d’une famille qui va en comprendre neuf, mais dont seulement deux survivent, lui et sa sœur aînée Clémence.
Il apprend le métier de tireur de cordes ou de lacs, puis de tisseur dans l’atelier de son père. Quand sa mère meurt en 1762, ayant été instruit par son beau-frère imprimeur qui lui a montré d’autres horizons que la soierie, il quitte la Fabrique et exerce, jusqu’à ses 20 ans, de nombreuses activités : relieur, imprimeur, carrier, fondeur de caractères d’imprimerie, typographe.
Lui, qui n’a pas voulu exercer la profession paternelle, hérite en 1772 à la mort de son père de son atelier quai de Retz (quai Jean Moulin), mais aussi de maisons, de vignes et de carrières à Couzon au Mont d’Or, commune d’où ce dernier était natif.
En 1819, lors de la 5ème exposition des produits de l’industrie française à Paris, il reçoit, même si son invention n’est pas visible à Paris une médaille d’or pour son métier à tisser les étoffes brochées et façonnées. Il est fait, le 17 novembre 1819, chevalier de la Légion d’honneur.
En 1822, Guillard-Lièvre, qui vient de créer une école de commerce en face du pont Morand, demande à Jacquard d’assurer les cours de mécanique.

Il réside souvent à Oullins dans sa maison de campagne du Clos Fleury. La commune, honorée par la présence de ce grand homme, fait la demande au préfet de nommer Jacquard conseiller municipal d’Oullins. Lors de sa nomination en 1826, le maire salue son entrée au conseil par ces mots :
« Votre nom devenu européen le rattache à l’une des plus belles découvertes que le génie lyonnais ait faite au profit de la richesse nationale».
Après la révolution de 1830, lorsque le vote désigne le nouveau conseil municipal, Jacquard n’est pas élu. Il ne se mêle pas, lui le notable, à la révolte des canuts* de 1831, mais l’a-t-il été !

Le maire Prunelle fait réaliser l’année suivante, pour la galerie de portraits des Lyonnais célèbres, celui de Jacquard par Jean-Claude Bonnefond. Ce portrait orne d’abord le bureau du président du Tribunal de commerce et ne rejoint le palais St-Pierre qu’en 1995. Jacquard meurt le 7 août 1834 à Oullins. Enterré le lendemain matin dans le cimetière de cette commune, un mûrier est planté au chevet de sa tombe. Le 10 septembre 1835, un monument à Jacquard est élevé dans l’église d’Oullins.

Jacquard incarne à lui tout seul la canuserie lyonnais e. Or, Jacquard est-il vraiment représentatif de ce monde du travail et est-il vraiment le premier à avoir innover ? Qu’importe, c’est la mémoire, plus que l’histoire, qui a fait de Jacquard le pionnier de la modernité de la Fabrique lyonnaise, le « James Watt » local, celui qui a initié le travail de la soie vers des techniques plus mécaniques où l’homme laisse la machine faire le travail le plus rude. Il ouvre la lignée des grands inventeurs et innovateurs dont le 19e siècle lyonnais est porteur.

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